Par Benjamin Lagneaux, le 8 Mars 2018

AIRBUS


Cours : 95.91€
Conseil : Achat



 

I.Présentation de la société 

Airbus est une entreprise multinationale européenne qui conçoit, produit et vend des produits aéronautiques civils et militaires à travers le monde. Cette société regroupait à l’origine un ensemble de constructeurs Européens pour rivaliser avec les géants américains et exerce aujourd’hui dans plusieurs domaines d’activités. En effet, l’entreprise ne se cantonne pas seulement au transport public aérien, elle exerce également dans 2 autres grands secteurs à savoir celui de la défense et de l’espace ainsi que celui des hélicoptères.

Airbus propose la famille d’avions de ligne la plus complète qui soit entre 100 et plus de 600 places. Le groupe est également un leader européen dans le domaine des avions de ravitaillement en vol, de combat, de transport et de mission. L’entreprise est le numéro un européen de l’industrie aérospatiale, et le numéro deux mondial. Dans le domaine des hélicoptères, Airbus propose les solutions civiles et militaires les plus performantes du marché mondial.

Airbus a encore battu son propre record de production en 2017, pour la quinzième année consécutive en livrant 718 avions au total. Cela montre bien la capacité de l’entreprise à entretenir une hausse de la production et donc à répondre rapidement à un choc de demande positif. C’est d’ailleurs pourquoi 8000 nouveaux emplois ont été créés par cette entreprise l’année dernière.
Ceci est d’ailleurs une politique d’entreprise chère à Tom Enders, patron d’Airbus, qui s’est engagé à accélérer au maximum la mise en place d’une nouvelle ligne de production pour les CSeries de Bombardier en Alabama suite à la victoire « incontestable » de son partenaire canadien bombardier contre son principal concurrent Boeing. De plus, la compagnie a réussi à échapper à la politique protectionniste américaine puisque la maison blanche a souhaité infliger de lourds droits de douane sur les moyen-courriers de bombardiers vendus à des sociétés américaines mais s’est vu refusé sa demande par l’ITC (commission du commerce international). Le fait est que le groupe canadien a accepté en octobre de céder une participation majoritaire à Airbus dans ce projet ; ainsi va-t-elle assembler certains appareils dans son usine d’Alabama, le groupe gagne donc du terrain dans cette zone géographique.

De plus, Airbus est également une des entreprises qui a profité de la visite du président au Qatar puisqu‘elle a vendu 37 A350-1000 à la compagnie Qatar Airways, ce qui représente entre 1,5 et 3 milliards d’euros. Ce n’est d’ailleurs pas la seule activité d’Airbus au Moyen Orient car Emirates a récemment signé un contrat afin d’acquérir 20 gros porteurs avec en plus une option sur 16 appareils supplémentaires, ce qui redonne de la vitalité au programme A380 du groupe.

De même, Airbus a largement profité du déplacement de notre président en Chine puisque celle-ci va prochainement finaliser la commande portant sur 184 Airbus A320 pour une valeur de 18 milliards de dollars. La livraison aura lieu à partir de 2019 ce qui laisse à Airbus, et à son action, le temps de produire de la valeur.

Enfin, dans son autre domaine d’activité en expansion, Airbus se positionne également en acteur de force. En effet, la défense et l’aérospatiale sont probablement les secteurs où Airbus a le plus de possibilité de croître et la société l’a bien compris : elle a été sélectionnée par l’agence spatiale européenne (ESA) pour assurer la maitrise d’œuvre du développement du système d’augmentation par satellite européen de nouvelle génération. Nicolas Chamussy, DG de Space Systems chez Airbus a déclaré « Ce programme est stratégique pour consolider la position d’Airbus ».

Ce 15 février, Airbus a annoncé que les pertes financières relatives à l’A400M allaient prendre fin. En 2018, Airbus devrait ne plus avoir à payer de provisions sur cet avion militaire comme ce fût le cas auparavant. Rappelons en effet qu’en 2016, la provision était de 2,2 milliards d’euros pour tomber à 1,3 milliards en 2017, ce qui avait grandement affecté les résultats de l’entreprise notamment en termes de bénéfices. Cette nouvelle est donc réjouissante pour les investisseurs.

En conclusion Airbus récolte en ce moment les fruits de ses lourds investissements et les retombées économique pourraient bien être rentables.

 

II. Analyse du marché, de la société et de la concurrence

Carnet de commandes par zone géographique :

 

Chiffre d’affaire par secteurs d’activité :

 

Le CA du groupe est surtout généré par un secteur d’activité (la production/vente/mise en service d’avions dans le secteur publique et militaire) relativement à la dispersion géographique de son CA qui est plutôt équilibrée. Néanmoins, on observe bien l’implantation et la croissance de l’activité d’Airbus dans les marchés émergents (33% du CA est réalisé en Asie et Pacifique, 19% en Amérique latine) qui ont même dépassé le marché historique d’Airbus qu’est l’Europe (21% du CA). Airbus reste tout de même très présent en Europe : l’un des principaux acheteurs des satellites construits par Airbus ces derniers temps est la société française Arianespace et les Etats passant régulièrement commande à Airbus sont historiquement des Etats européens. En ce qui concerne la concurrence, le marché est un duopole ; le plus célèbre duopole de l’industrie : Airbus vs Boeing.

 

            A ce propos, Boeing détient davantage de parts de marché dans le secteur de la défense qui représente 31,1% de son CA mais se voit largement concurrencé par Airbus dans les deux autres secteurs. Géographiquement parlant, Boeing détient la grande majorité du marché Etats-Unien (41% de son CA) mais est devancé par Airbus au Canada et en Amérique Latine où il ne décroche presque aucun contrat. Néanmoins la bataille est ardue en ce qui concerne le marché chinois (10,9 % du CA de Boeing) et Asiatique (11,2%) ainsi qu’en Moyen Orient où Boeing domine néanmoins pour le moment (mais Airbus décroche de plus en plus d’opportunités de ventes).

            Au terme de cette année 2017, il a été révélé qu’Airbus a surpassé son homologue américain en termes de commandes grâce notamment à un deal conclu avec une entreprise en Chine mais aussi et surtout celui du fonds d’investissement américain Indigo Partners. Ainsi, Airbus a réussi à passer devant Boeing avec 2 deals sur des marchés que BOEING pensait dominer, ceci notamment grâce à un pricing compétitif. Airbus devance Boeing en termes de commandes mais pas de locations. Boeing est loin de se porter mal ; en effet son carnet de commande a également augmenté et son action a progressé de 90% sur l’ensemble de l’année 2017. Les chiffres d’Airbus sont, nous allons le voir, aussi des preuves de la bonne santé de la compagnie. Ceci prouve que le marché sur lequel ils évoluent permet une expansion des deux rivaux.

            Le futur de ce marché et les évolutions respectives des parts de marché dépendront largement de l’implantation des deux firmes sur le marché Africain qui, pour le moment ne représente pas une part importante du CA des principaux intéressés (1,5% pour Boeing, moins de 5% pour Airbus) mais qui pourrait bien le devenir plus vite qu’on ne le pense. Il convient donc de surveiller la politique commerciale d’Airbus et de Boeing par rapport à cela. Notons qu’au vue des récentes politiques d’Airbus qui consistait, plus qu’à conserver son avance en Europe, à s’implanter en masse au sein des marchés émergents, il parait logique que la compagnie fasse de même en Afrique au moment opportun. 

            Pour ce qui est de la politique récente du groupe en la matière, Airbus souhaite tripler son CA dans les services d’ici 2025.

           

En résumé, il convient de surveiller de près les politiques d’Airbus en Chine et aux Etats-Unis ainsi que sur d’autres marchés émergents notamment en Afrique mais également de garder un œil sur le secteur de la cybersécurité où Airbus et d’autres sociétés Française excellent, marché prometteur en pleine expansion selon de nombreux experts. En effet, en plus de la production et de la vente d’avions à prix relativement bas (compétitivité prix), la société pourrait tirer avantage d’une compétitivité hors-prix dans ce secteur. La multiplicité de start-up donne également la possibilité à Airbus d’acquérir des sociétés innovantes au lieu d’investir davantage en R&D.

 

Analyse macro :

Le sous-secteur de l’aérospatiale fais partie d’un ensemble très large qu’est le secteur de l’industrie. Les cours des entreprises cotées en bourse de ce dernier sont largement corrélés avec l’activité économique et donc les valeurs de « l’économie réelle ». Ceci est d’autant plus vrai pour l’aéronautique. En effet, la demande de ce marché émane pour une bonne partie des Etats. Or, il est clair que la demande des Etats, notamment des Etats étrangers, est largement corrélée à la croissance du PIB mondiale.  C’est ici que la conjoncture actuelle de l’Economie rentre en compte dans l’analyse : Les banques attendent une croissance mondiale entre 3,7 % (Société générale), 3,8% (Bank of America-ML, Crédit Suisse) et même 4% pour Goldman Sachs. L’économie mondiale est « sans doute dans sa meilleure forme depuis environ une décennie » et « en l’absence de choc exogène négatif , il est difficile de trouver un déclencheur qui pourrait faire dérailler cette expansion avant 2019 » comme l’a affirmé la Société Générale ; un constat tout aussi optimiste émane des analyses de Goldman Sachs et du Crédit Suisse.
Ainsi, il est clair que la tendance à la hausse des marchés, boosté par les bons résultats des entreprises en terme de rentabilité et de bénéfice a peu de chance de s’achever. Nous pouvons donc aisément affirmer que les indicateurs économiques sont « au vert » pour ce secteur.

D’autres indicateurs macroéconomiques doivent ici rentrer dans notre analyse : L’inflation et les taux d’intérêt. L’inflation est repartie à la hausse : les banques centrales se rapprochent enfin de leur objectif de 2%. En effet, Goldman Sachs et Morgan Stanley attendent une réelle hausse de l’inflation, bien que celle-ci restera en dessous des objectifs des banques centrales selon ces institutions. Les banques centrales souhaitant s’approcher de la cible des 2% par le bas et rester en dessous de celle-ci, nous allons très probablement assister à une remontée des taux, notamment de court terme - assimilé à un resserrement monétaire - ce qui va inquiéter les investisseurs les plus avers au risque. Il est donc probable que la volatilité des marchés soit moins importante dans les jours à venir. De même, les entreprises d’un secteur (ou sous-secteur) donné en subissent les conséquences : un coût du financement plus fort, et donc une rentabilité et un leverage moindres ou bien des dépenses (souvent en R&D) qui diminue et donc des perspectives de croissance revus à la baisse.


Le fait est que les entreprises de ce secteur ne sont pas impactées par la totalité de ce qui a été énoncé ci-dessus. En effet, les entreprises du secteur de l’Aérospatiale sont d’une telle envergure qu’elles ne sont pas dépendantes du crédit bancaire, mais elles ont également la possibilité de se refinancer, pour la majorité d’entre elles, sur des marchés où les taux resteront relativement bas (c’est le cas de l’Asie notamment).

"Tous les voyants sont au vert". C'est en ces termes que Pascal Pincemin, responsable du secteur aérospatial et défense au sein du cabinet d'audit Deloitte, a présenté le bilan et les tendances pour ces deux secteurs étroitement liés. Avec un trafic aérien toujours croissant, un renouvellement régulier des avions pour respecter les normes environnementales toujours plus exigeantes, et de l'augmentation globale des budgets de défense "sous l'effet des menaces sécuritaires au niveau mondial", le cabinet Deloitte prévoit une croissance importante de l'aéronautique civile comme militaire.

Néanmoins, en 2017, on a pu observer des difficultés dans le domaine des hélicoptères civils, une baisse de la demande sur les jets d'affaires, et un ralentissement sur les marchés des satellites de communication.

Le marché de la cybersécurité est quant à lui en pleine expansion avec les évènements actuels relatifs au terrorisme et à une vague de « peur » caractérisant le monde actuel tant du point de vue des Etats que des entreprises qui sont de plus en plus à rechercher des méthodes efficaces pour protéger leurs données.

Enfin, il convient d’évoquer le fait que les économies émergentes sont en pleine transition dans leur niveau de développement et ces dernières commencent déjà depuis quelques années à augmenter les dépenses de défense et relatives au transport aérien (compagnies de vol). De plus, pour Morgan Stanley «la modération de la croissance en Chine et aux Etats-Unis devra être compensée par des améliorations en Europe et dans les émergents (hors chine) ». On peut donc espérer que les Etats Européens, et notamment l’Etat Français, rempliront également les carnets de commandes des entreprises de ce sous-secteur.

  

III. Analyse financière de l’entreprise

Le jour du saint valentin, le président exécutif d’Airbus (Tom Enders) a annoncé que le groupe allait accroître de 11% les dividendes versées par action faisant ainsi passer celles-ci à 1€50 à partir du 17 avril 2018 (date d’enregistrement). Il a d’ailleurs commenté « Cela témoigne de notre confiance dans la croissance future de nos bénéfices et de notre trésorerie », de quoi rassurer les investisseurs.

Le trend de l’action aura donc tendance à augmenter naturellement car sa valeur fondamentale (Dividendes/taux d’intérêt) augmente à un bon rythme : elles ont quasi triplées en 17 ans.

Evolution des dividendes versées par Airbus :

 

Le rapport officiel des résultats d’Airbus a paru le lendemain. En voici les informations les plus importantes montrant encore une fois la bonne santé des finances du groupe :

  • La progression de l’EBIT ajusté a dépassé toutes les attentes (+49%) d’où une très forte progression de la rentabilité d’Airbus
  • Le bénéfice Net a triplé (2 877 millions d’euros) signe à la fois d’une activité commerciale prospère mais aussi et surtout d’une bonne gestion des finances du groupes (puisque le CA est équivalent à celui de 2016)
  • Par extension, le bénéfice par action a également triplé passant de 1,29 euros en 2016 à 3,71 euros en 2017, sachant que ce dernier est influencé par les variations du taux de change euro/dollar
  • Le carnet de commande a frôlé les 1000 milliards d’euros
  • Le CA est stable (66,8 milliards d’euros)
  • La baisse d’activité dans le secteur des hélicoptères a été compensé par un effort de compétitivité permettant à Airbus d’assurer de nombreuses ventes
  • Le résultat net après les ajustements de l’EBIT a quasi triplé (+ 188%), passant de 995 millions d’euros en 2016 à 2 873 millions en 2017
  • On constate également une augmentation des dépenses d’investissement en capital et en R&D

Voici quelques éléments du rapport :

 

Au regard des résultats, on peut déterminer les ratios suivants comme indicateurs de profitabilité :

La marge d’exploitation est de 5,96% en légère hausse par rapport à 2016, sachant que le CA de 2017 est plus élevé. Ceci signifie que l’activité purement commercial de l’entreprise est en expansion et que cette dernière gagne en compétitivité par rapport à BOEING tout en stabilisant ses bénéfices.

La marge nette est également en hausse (4,3%) d’où une réelle amélioration de la capacité à dégager du profit du groupe.

Le ROA est de 2,4%, ceci montre que le groupe peut dégager un résultat en utilisant l’ensemble de ses moyens.

Le ROE s’établie à 21,5%, c’est-à-dire qu’en moyenne, un bénéfice de 21,5% était dégagé sur la somme totale d’un investissement réalisé en 2017 sur Airbus. Ce ratio témoigne de la capacité du groupe à rémunérer ses actionnaires.

On peut également étudier la situation bilantielle de l’entreprise à l’aide d'un autre ratio :

Le levier financier est seulement de 1,83 ce qui montre que la société est largement capable de rembourser ses dettes et qu’elle n’est donc pas surendettée.

Tout cela montre la très bonne santé du groupe et concorde avec les records et les récentes bonnes nouvelles exposées ci-dessus. Ainsi, Logiquement, le rendement par action a augmenté de 5 centimes entre les 2 années.

 

IV. Analyse chartiste 

Graphique 1 : cours d’AIRBUS sur 1 an

 

La volatilité de l’action est très forte, elle va néanmoins diminuer comme le montre le récent resserrement des bandes de Bollinger. Ainsi, la tendance est à la baisse de la volatilité puisqu’on observe un récent point d’inflexion pour les deux bandes tendant à faire converger celles-ci. La MACD (en gris) s’approche actuellement de sa ligne de signal par le dessus de celle-ci, nous sommes donc dans l’incertitude car elle peut très bien continuer ce mouvement et couper la ligne de signal par le haut (signal de vente) ou bien rester au-dessus de cette dernière. Le RSI est légèrement supérieur à 50 d’où une attente à l’appréciation du cours. Quant à la cadence de cette appréciation, le momentum est passé en dessous de 0 ce que signifie que le marché est sorti de sa phase d’accélération et a entamé une phase de ralentissement. Il est donc encore temps conseillé , d’attendre le moment idéal pour acheter ; celui durant lequel le momentum est bas (comme c’est le cas actuellement) et dans sa phase haussière. Cet indicateur pourra également servir pour déterminer la période de vente (lorsque l’indicateur aura réalisé un pic positif). Ce graphique rend également compte de la récente période de sell-off ainsi que de la remontée du cours.

 

Graphique 2 : cours d’AIRBUS sur 5 ans

 

L’étude du cours d’Airbus sur le long terme montre très clairement un trend haussier (comme il a été remarqué avec l’analyse des dividendes) et concorde avec les éléments de l’analyse montrant la bonne santé et la capacité du groupe à toujours dépasser ses résultats passés. Enfin, l’analyse des indicateurs est la même avec moins d’intensité/de précision que celle du graphique ci-dessus. On constate néanmoins 2 points importants : Sur une moyenne de 5 ans, le marché est actuellement en phase haussière (bulk market) et la MACD a récemment coupé sa ligne de signal en passant au-dessus d’elle (signal d’achat). Ainsi, ces mêmes indicateurs du graphique précèdent devraient rejoindre d’ici peu ces tendances.

Au-delà de l’analyse graphique, la détermination de certains ratios permet également de rendre compte de la performance du groupe au sein de l’Euronext Paris :

Le PER redescend largement par rapport à 2016 (environ 43) pour s’établir à 25 ,75 si on prend le cours actuel, 22,4 si on raisonne sur une moyenne annuelle, sachant que la moyenne du secteur est de 25,5. Airbus n’est donc pas une société « chère » par rapport à son (ses) concurrent(s) puisque le Per relatif sectoriel est inférieur à 1. Le Per n’est pas non plus trop faible ce qui signifie que le marché a des perspectives de croissance envers airbus.

Le rendement de l’action est correct et du même ordre que les années précédentes : 1,81%,

Le ratio Cours/BVPS s’élève quant à lui à 5,55 ce qui signifie que chaque euro d’actif de l’entreprise est valorisé au quintuple sur le marché (Actif net par action : 17,2 €)

 

V. Risque de l’investissement

 

 

Le marché du transport aérien dans lequel évolue principalement Airbus est négativement impacté par les attentats et la vague terroriste qui s’observe à travers le monde.

Néanmoins, la diversification des activités d’airbus permet de nuancer ce propos. En effet, une partie des pertes consécutives à la raison évoquée ci-dessus sont compensées par une demande qui monte en flèche dans le secteur de la cybersécurité. En effet, ce secteur est en pleine expansion et airbus est en phase de recrutement intensive (présent lors du salon international de la cybersécurité) dans le but de répondre à cette demande mais également pour faire de la R&D dans laquelle Airbus investi massivement (voir les chiffres de l’analyse financière).

Comme nous l’avons vu, Airbus investi massivement en R&D afin de se démarquer ; néanmoins il convient de rappeler que son/ses concurrent(s) font de même. Aussi Boeing a-t-il déposé une demande de brevet dans laquelle est présenté un système basé sur la blockchain pour renforcer les systèmes GPS des avions. De plus, Boeing a récemment fait l’acquisition (à 51%) de Embraer (avionneur brésilien) pendant qu’Airbus annonçait que cette acquisition n’était pas indispensable.

Enfin, il convient tout de même d’être conscient que la récente appréciation de l’action est due à la publication des résultats du groupe et donc qu’une telle appréciation a une probabilité très faible de se reproduire.

Dans une perspective de long terme, si on observe les programmes lancés par Airbus depuis le siècle dernier, on peut en conclure que le lancement d’un nouveau « produit » sur le marché est extrêmement couteux. Des dépenses de R&D en passant par la formation de la main d’œuvre et l’acquisition d’un capital adapté à la production jusqu’à la détermination d’un nouveau centre de production, il est bien plus risqué de tenter la fabrication d’un nouveau produit pour Airbus que pour de nombreuses autres entreprises. D’autant plus que la demande est de plus en plus exigeante et que de plus en plus de facteurs sont à prendre en compte. Par exemple, l’A380 avait fait un flop lors de son arrivé sur le marché puisque les compagnies aériennes n’étaient pas demandeuse de la caractéristique principale de ce dernier à savoir un très grand nombre de places. Ceci s’explique par l’arrivée de la concurrence des compagnies low-cost ayant généré une réflexion logique de la part des compagnies consistant à dire qu’il ne servait à rien d’acheter des avions avec autant de capacité puisqu’ils ne les rempliraient jamais. Finalement, Airbus a tout de même réussi à vendre des A380 au bout d’un certain temps, mais ce fût un dur travail. De même, l’A400M a couté en tout 13 milliards d’euros d’amortissements au groupe depuis 2013. Ainsi, les résultats d’Airbus seront affectés fort négativement chaque fois que le groupe décide de se risquer à lancer un nouveau produit sur le marché. Par extension donc, la valorisation de son cours sur le marché sera négativement impactée ou bien cela ralentira l’euphorie sur le marché. Airbus a récemment adopté une bonne stratégie en associant Audi à son programme de voiture volante « Pop.up » profitant ainsi de la renommée de la marque ainsi que de son expertise pour la partie automobile (ce qui permet au groupe d’éviter d’énormes coûts). Peut-être est-ce une des voies que le groupe devra suivre afin de pallier cet inconvénient inhérent à son activité.